Economie politique des réformes: incitations et mécanismes
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Koléa: Ecole Nationale Supérieure de Management
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La réforme se définit globalement comme un changement profond réalisé en vue d'une amélioration. Ainsi, de nombreux pays et organisations internationales tentent de promouvoir différents types de réformes qu'ils espèrent en mesure d'accélérer la croissance économique et d'améliorer les conditions de vie des populations. Néanmoins, mettre en œuvre une réforme s'avère, en pratique, souvent une tâche très délicate. Outre le fait que les décideurs politiques sont souvent rarement enthousiastes au sujet des réformes notamment à cause du coût qu'elles engendrent, celles-ci rencontrent, lorsqu'elles sont mises en œuvre, de nombreuses difficultés politiques, techniques, etc. En conséquence, un examen des expériences internationales en matière des réformes nous permet de constater que la mise en œuvre de celles-ci a suivi des trajectoires diverses selon les pays. Ainsi, alors que certains pays ont rapidement engagé des réformes, d'autres ont maintenu un statu quo. En outre, certaines réformes ont été couronnées de succès tandis que d'autres ont vécu des échecs patents. Notre travail de thèse, organisé en trois chapitres, se veut une contribution au débat sur les conditions favorables à l'émergence et à la bonne conduite des réformes. Le premier chapitre recense puis classifie les facteurs d'économie politique susceptibles d'impacter, de façon significative, la faisabilité politique des réformes. En d'autres termes, il liste les facteurs économiques, politiques, etc. qui facilitent ou (au contraire) entravent la conduite des réformes lorsqu'elles sont mises en œuvre. Le deuxième chapitre mobilise la théorie des jeux pour étudier, de manière détaillée, les incitations à la réforme dans un cadre démocratique. Plus précisément, il analyse une situation dans laquelle une élite au pouvoir, qui peut être bonne (parce qu'elle cherche à maximiser le bien-être social) ou mauvaise (parce qu'elle se soucie uniquement de son propre bien-être) se trouve confrontée au choix de faire des réformes ou de maintenir un statu quo. Le troisième et dernier chapitre s'intéresse à l'étude des incitations à la réforme dans un cadre non-démocratique et analyse, en mobilisant encore une fois la théorie des jeux, l'impact de la variabilité de la rente sur les incitations d'un régime autoritaire à mettre en œuvre une réforme.